Jacques Berrebi illustre un entrepreneuriat porté par le courage, la persévérance et la volonté de recommencer. Cofondateur de Teleperformance, il a contribué à faire grandir une entreprise française jusqu’au rang de leader mondial des centres de relation client, avant de s’engager dans de nouveaux projets liés au transport et à la santé.
Né en Tunisie et installé en Belgique depuis 2000, il garde des attaches fortes avec ses terres d’origine et avec la France. Son parcours professionnel montre comment une orientation initiale bouleversée peut devenir le point de départ d’une réussite collective, à condition de savoir s’entourer, de saisir les occasions et de continuer à apprendre.
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- De la Tunisie à Teleperformance : une trajectoire marquée par l’adaptation et la construction d’un groupe international.
- De nouveaux défis : des investissements dans la mobilité à grande vitesse et la prévention en santé.
- Une méthode de leadership : la confiance dans les équipes, l’innovation et le goût du contact humain.
Pour comprendre ce qui distingue Jacques Berrebi, nous pouvons suivre le fil de ses choix : transformer les ruptures en occasions, puis mettre son expérience au service de projets collectifs. C’est cette dynamique, plus que la seule longévité de sa carrière, qui éclaire son courage entrepreneurial.
Jacques Berrebi : de la Tunisie à la réussite de Teleperformance
Né au Kef en mai 1942, dans une famille d’origine italienne, Jacques Berrebi envisage d’abord des études de médecine. Les bouleversements politiques qui accompagnent l’indépendance tunisienne l’orientent vers l’économie, une voie qu’il n’avait pas choisie au départ, mais dans laquelle il découvre les ressorts du commerce et de la communication.
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Il commence sa carrière chez Havas, au sein d’Eurocom. Lorsqu’il décide de suivre Claude Douce, l’un de ses mentors, il fait un choix de loyauté qui l’amène vers une nouvelle étape. En 1988, sa rencontre avec Daniel Julien ouvre la voie à un partenariat décisif dans l’essor de Teleperformance.
Les deux associés développent Rochefortaise Communication, cotée en Bourse dès 1989. Une fusion en 1999 conduit à la création de SR.Teleperformance, puis l’entreprise adopte le nom Teleperformance en 2006. Le groupe s’étend progressivement à l’international et devient numéro un mondial de son secteur en 2007, selon les déclarations de Berrebi.
Cette progression repose sur une transformation concrète : partir d’une société française, structurer des activités de relation client et les déployer sur plusieurs marchés. Les chiffres de l’effectif ont varié au fil des années ; le groupe a compté plus de 500 000 collaborateurs à son apogée récente. Pour une entreprise en expansion, le défi consistait à préserver la qualité des échanges tout en multipliant les sites et les équipes.
Ce parcours rappelle qu’une réussite de cette ampleur ne se construit pas par une idée isolée : elle s’appuie sur des alliances durables, une organisation solide et une capacité à changer d’échelle.
Le parcours professionnel de Jacques Berrebi : rebondir après les ruptures
Le fil conducteur de son parcours est l’adaptation. Une carrière médicale envisagée, puis abandonnée au gré des événements, devient une carrière dans les affaires ; une expérience dans la communication ouvre ensuite la porte à un secteur alors en plein développement : les centres de relation client.
Imaginons Léa, jeune entrepreneure qui doit réorienter son projet après un changement de marché. L’exemple de Berrebi ne lui dicterait pas une réponse toute faite, mais lui suggérerait trois réflexes : observer les besoins émergents, chercher des partenaires complémentaires et transformer une contrainte en occasion d’apprendre. La résilience prend alors une forme pratique, loin du simple slogan.
Son départ progressif des fonctions opérationnelles de Teleperformance, annoncé pour 2012, n’a pas signifié la fin de son activité. Il a conservé des responsabilités liées à la Tunisie et a continué à s’intéresser à de nouveaux projets. Cette continuité révèle une distinction utile : quitter un poste n’oblige pas à renoncer à toute contribution.
La détermination, dans ce type de trajectoire, ne consiste pas à poursuivre chaque idée sans recul. Elle suppose de savoir changer de rôle, de méthode et de secteur tout en conservant une direction : bâtir des projets avec d’autres et rester engagé dans leur développement.
Les témoignages consacrés à sa carrière permettent de replacer cette évolution dans le temps : le cofondateur devient progressivement investisseur et soutien de nouveaux projets. Son histoire met ainsi en lumière une qualité essentielle de l’entrepreneuriat : continuer à créer, même lorsque le premier grand succès est déjà acquis.
Jacques Berrebi et Nevomo : l’innovation dans le transport du futur
Parmi ses engagements récents figure Nevomo, une entreprise qui travaille sur des technologies de transport par lévitation électromagnétique. Le principe mis en avant consiste à faire circuler des véhicules pouvant atteindre, à terme, des vitesses annoncées jusqu’à 700 km/h sur des voies existantes adaptées à cette technologie.
L’intérêt de cette approche est de chercher à réutiliser une partie des infrastructures ferroviaires au lieu de construire partout des lignes entièrement nouvelles. La promesse doit encore être évaluée à l’épreuve des essais : compatibilité avec les rails, sécurité, coûts de transformation, consommation énergétique et capacité à transporter des voyageurs dans des conditions fiables.
Lors d’une intervention sur CNEWS en avril 2025, Berrebi a présenté cette piste comme une alternative à des projets de transport futur nécessitant des infrastructures dédiées, tels que l’Hyperloop. La prudence reste de mise : une vitesse théorique ne suffit pas à démontrer la viabilité commerciale d’un système. Les démonstrateurs et les validations techniques seront déterminants.
Une première ligne d’essai en Allemagne était annoncée pour la fin de 2026, avec la participation d’un partenaire lié au secteur ferroviaire français. Il s’agit d’une échéance de projet, non d’une preuve que le service commercial est déjà disponible. Pour les observateurs, les jalons à suivre sont les résultats des tests, les autorisations et le coût réel d’adaptation du réseau.
Le pari de Nevomo illustre une dimension de son leadership : investir dans une innovation ambitieuse, tout en faisant face à la longue phase de validation qui sépare une idée séduisante d’un transport exploitable.
La santé préventive : le rêve de jeunesse de Jacques Berrebi
L’intérêt de Berrebi pour la santé rejoint son projet initial de devenir médecin. En Belgique, il soutient LIMS-MBnext, un laboratoire axé sur les bilans de prévention. Selon les données communiquées autour de l’activité, les examens peuvent comprendre plus de 70 analyses par patient afin de repérer des carences ou des signaux à discuter avec un professionnel de santé.
Le laboratoire serait passé d’environ 45 à plus de 1 500 prélèvements par jour. Cette progression témoigne d’une demande croissante de bilans, mais elle ne signifie pas que chaque analyse établit un diagnostic. Les résultats doivent être interprétés dans leur contexte et suivis, lorsque nécessaire, par un médecin.
Berrebi soutient aussi Synergia Medical, une jeune entreprise belge travaillant sur un implant cérébral destiné à traiter l’épilepsie et certains troubles neurologiques associés à la maladie d’Alzheimer. Le financement total annoncé pour ce projet a atteint 12,8 millions d’euros après une levée de fonds à laquelle il a contribué. Dans le domaine médical, ces capitaux servent à franchir des étapes de recherche et de développement, avant toute adoption clinique à grande échelle.
Ces investissements réunissent deux temporalités : des bilans de prévention proposés au quotidien et des dispositifs médicaux qui demandent des années de recherche. Dans les deux cas, la réussite dépend de la rigueur scientifique, de l’évaluation des résultats et d’une relation de confiance avec les patients.
| Projet | Objectif annoncé | Repère chiffré communiqué | Point à suivre |
|---|---|---|---|
| LIMS-MBnext | Bilans de prévention et analyses biologiques | Plus de 70 analyses possibles par patient ; activité annoncée à plus de 1 500 prélèvements par jour | Interprétation médicale des résultats et suivi des patients |
| Synergia Medical | Développement d’un implant cérébral pour des troubles neurologiques | 12,8 millions d’euros de financement total annoncé | Avancement de la recherche et validation clinique |
Le courage et le leadership de Jacques Berrebi : miser sur les équipes
Berrebi met l’accent sur les relations humaines et présente volontiers l’entrepreneuriat comme une aventure collective. Sa formule de « chasseur en meute » résume cette préférence pour l’action en équipe : une ambition peut venir d’une personne, mais sa réalisation dépend des compétences, de l’énergie et de la confiance de nombreuses autres.
Cette conception aide à comprendre l’expansion de Teleperformance. Dans une activité fondée sur les échanges avec les clients, la croissance ne repose pas uniquement sur les outils ou les contrats ; elle exige aussi une organisation capable de former, coordonner et soutenir les équipes réparties dans différents pays.
Son regard sur l’intelligence artificielle s’inscrit dans la même logique. Il défend l’idée d’une technologie qui augmente les capacités humaines plutôt que de les effacer. Il a expliqué avoir apprivoisé ChatGPT sur son téléphone après avoir d’abord été impressionné par les progrès de l’informatique. Cette évolution souligne qu’une expérience longue n’empêche pas la curiosité ni l’apprentissage.
Il associe volontiers à cette vision une part de superstition, avec un fer à cheval et un pendentif portant le chiffre 13. Ce détail personnel ne remplace ni le travail ni la stratégie ; il rappelle plutôt que les entrepreneurs mêlent souvent analyse, habitudes et petits rituels pour garder confiance face à l’incertitude.
Son approche du leadership tient dans cet équilibre : faire confiance aux personnes, rester ouvert aux outils nouveaux et accepter que la réussite comporte une part d’imprévisible. Le courage entrepreneurial s’exprime alors autant dans les décisions que dans la capacité à entraîner une équipe.
Jacques Berrebi entre la France, la Belgique et la Tunisie
Installé en Belgique depuis 2000, Jacques Berrebi a conservé des liens avec la France et la Tunisie. Son ancrage tunisien s’est notamment traduit par l’implantation en 2000 du premier centre d’appels offshore de Teleperformance dans le pays, une activité qui a contribué à créer des emplois et à développer un secteur de services tourné vers l’international.
Il poursuit aussi ses activités en Tunisie à travers Bercom International, une société de services informatiques qui compte, selon les informations disponibles, une soixantaine de salariés. Ce choix montre qu’un parcours international peut rester attaché à des lieux précis : les réseaux professionnels traversent les frontières, tandis que les équipes et les projets s’inscrivent dans des territoires.
Sa présence médiatique s’est prolongée avec des interventions sur ses affaires et ses rencontres internationales. Il a notamment raconté avoir été déçu par un échange avec Donald Trump à Mar-a-Lago en novembre 2024. Cette anecdote donne un aperçu de son franc-parler, sans résumer pour autant son parcours, qui se mesure davantage aux entreprises, aux équipes et aux projets auxquels il a participé.
La trajectoire de Jacques Berrebi ne se réduit donc ni à Teleperformance ni à un seul secteur. Elle associe mobilité, santé, technologie et fidélité à plusieurs territoires : une forme de réussite où l’expérience passée devient un levier pour accompagner de nouvelles générations de projets.



