Études de médecine : le PASS et la LAS remplacés par une licence unique

Études de médecine : le PASS et la LAS remplacés par une licence unique

À la rentrée 2027, le PASS et la LAS seront remplacés par une licence unique portail santé, nouvelle voie d’accès aux études de médecine, de pharmacie, d’odontologie et de maïeutique. Le décret du 23 octobre 2026 met fin aux deux parcours instaurés en 2020 et prévoit un cadre commun pour les universités. Pour les lycéens, le changement doit rendre le choix de formation et la sélection des étudiants plus lisibles.

La réforme des études de santé répond à un système jugé trop complexe : lors de la campagne Parcoursup précédente, un lycéen francilien pouvait choisir parmi une centaine de parcours PASS et LAS, dont les contenus et les règles variaient selon les établissements. Avec la licence portail santé, il formulera un vœu unique, puis indiquera les disciplines qui l’intéressent. Le nouveau cursus comptera 60 crédits ECTS et associera enseignements de santé, discipline de licence et compétences transversales.

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  • Une seule voie d’entrée remplace le PASS et la LAS à partir de septembre 2027.
  • Deux candidatures possibles sont prévues, à la fin de la première année puis de la deuxième année de licence.
  • Les règles précises restent à fixer pour certains paramètres, comme les coefficients, les places et le seuil de crédits permettant de redoubler.

Pour suivre les effets concrets de cette évolution, imaginons Lina, une lycéenne qui souhaite accéder aux études médicales. Son parcours montre ce qui change pour les candidats, mais aussi les questions que les universités doivent encore régler avant l’ouverture de Parcoursup.

Licence portail santé : pourquoi le PASS et la LAS disparaissent en 2027

Depuis 2020, les candidats devaient choisir entre deux portes. Le PASS associait une majeure en santé à une mineure dans une autre discipline ; la LAS proposait une licence classique complétée par une option santé. Les universités ont ensuite décliné ces parcours de nombreuses façons, ce qui rendait les comparaisons difficiles pour les lycéens et leurs familles.

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La Cour des comptes relevait qu’en 2024, 21 % des nouveaux bacheliers avaient formulé un vœu en PASS ou en LAS. À l’échelle d’un même territoire, les formations pouvaient différer par leur contenu, leur nombre de places et leurs modalités de classement. Lina devait donc évaluer non seulement son intérêt pour une discipline, mais aussi les règles locales qui pouvaient peser sur ses chances.

Un vœu Parcoursup au lieu d’une multitude de parcours

À partir de la prochaine campagne, Lina déposera un vœu en licence portail santé et pourra l’accompagner de sous-vœux correspondant aux disciplines proposées. Les établissements devront respecter une architecture nationale et des conditions communes de classement, ce qui réduit les différences entre territoires sans supprimer tous les choix locaux.

Ce changement vise d’abord à rendre l’accès aux études médicales plus compréhensible avant l’inscription. Il ne signifie pas que les universités proposeront toutes les mêmes options ni qu’elles auront un nombre identique de places : elles conserveront des marges dans le choix des mentions et dans le poids accordé aux blocs d’enseignement.

La réforme prolonge la transformation engagée après la PACES, supprimée par la loi du 24 juillet 2019 avec son numerus clausus national. Le nouvel objectif est de remplacer deux dispositifs aux règles variables par un cadre plus commun ; la réussite dépendra aussi des moyens pédagogiques accordés aux facultés.

Première année de médecine : les trois blocs de la licence unique

La licence portail santé totalisera 60 crédits ECTS, répartis entre trois blocs. Les étudiants devront valider séparément le bloc santé et le bloc disciplinaire pour être classés, ce qui évite qu’une forte note dans un domaine compense entièrement l’échec dans l’autre.

Bloc de formation Volume prévu Contenu et rôle
Santé 24 à 30 ECTS Enseignements assurés par la faculté de santé, liés aux fondamentaux des études de santé.
Disciplinaire 24 à 30 ECTS Enseignements dans une mention de licence : sciences, droit, économie, psychologie, STAPS ou soins infirmiers, selon l’offre universitaire.
Transversal 6 à 12 ECTS Compétences comme l’expression écrite et orale et la découverte des métiers de la santé.

Les fourchettes nationales laissent une latitude aux établissements : une université pourra attribuer 24 ECTS au bloc santé, tandis qu’une autre pourra en prévoir 30. Les détails de chaque formation devront donc être examinés sur Parcoursup, même si la structure générale est commune.

Un classement en deux étapes et deux candidatures

Les universités classeront d’abord les candidats selon les résultats obtenus dans les trois blocs, au sein de leur parcours. Pour départager des étudiants de niveau comparable, elles utiliseront ensuite leurs notes de santé. Les oraux d’admission pourront être organisés selon les choix de chaque établissement, mais ne seront pas obligatoires partout.

Chaque étudiant pourra présenter deux candidatures aux filières de santé : une à la fin de la première année, puis une autre à la fin de la deuxième année de licence. Si Lina n’est pas admise après sa première année, elle pourra continuer dans la discipline choisie et retenter sa chance l’année suivante, sans devoir changer de voie.

Le redoublement revient également, sous conditions, après son interdiction en PASS. Un étudiant n’ayant pas validé sa première année pourra la refaire une fois dans la même mention s’il a acquis le seuil minimal de crédits, qui doit être précisé par arrêté ; le redoublement ne donnera pas droit à une candidature supplémentaire.

Réforme des études de santé : ce que changent les résultats du PASS et de la LAS

La Cour des comptes a relevé qu’au bout de deux ans, 63 % des étudiants inscrits en PASS ou en LAS avaient perdu une année, contre 79 % sous la PACES. Le progrès est réel, avec une baisse de 16 points, mais le système n’a pas permis d’augmenter nettement la part d’étudiants accédant à une filière de santé.

Selon les données du SIES rapportées en 2024, deux étudiants inscrits en 2021 sur cinq avaient intégré une filière de santé en un ou deux ans. Ce résultat se situait à peine au-dessus de celui de la dernière promotion de PACES, dont le taux était de 39,6 %. Autrement dit, les parcours ont limité certaines années perdues sans élargir fortement l’accès aux formations.

Une sélection qui variait selon la voie choisie

Les deux parcours ne donnaient pas les mêmes conditions de réussite. Des données citées en 2022 indiquaient que 40 % des étudiants issus de LAS réussissaient leur premier semestre en médecine, contre 80 % de ceux venant du PASS. Le partage des places, initialement prévu à parts égales, avait par ailleurs évolué vers une répartition de 70 % pour le PASS et 30 % pour la LAS, selon les informations alors publiées.

Ces chiffres éclairent le débat sur la sélection des étudiants : diversifier les disciplines d’origine ne suffit pas si les candidats ne disposent pas de conditions de préparation comparables. La licence unique promet des règles plus harmonisées, mais son équité dépendra aussi de l’accompagnement, des capacités d’accueil et de l’accès aux ressources pédagogiques. Pour approfondir les enjeux matériels des études, vous pouvez consulter cet article sur les moyens nécessaires aux études de médecine.

Les familles s’interrogent aussi sur le coût des préparations privées et sur les écarts d’information entre candidats. Une réflexion plus large sur les inégalités d’accès à l’enseignement et la représentation démocratique est développée dans cet entretien autour des travaux de l’économiste Julia Cagé ; elle aide à replacer l’orientation dans un débat social plus général.

Pour Lina, le principal changement est donc la stabilité du chemin : elle choisit une discipline dès l’entrée et peut la conserver si elle poursuit en deuxième année. La réforme réduit les bifurcations imposées, sans garantir à elle seule une admission en médecine.

Licence unique santé : les réserves des doyens et les moyens des universités

Les doyens des facultés de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique soutiennent le principe d’une voie unique, mais ont demandé un report d’un an. Leur réserve porte sur le calendrier : les universités doivent réécrire les programmes, organiser les enseignements et préparer l’accueil des étudiants avant la rentrée 2027.

Au 27 octobre 2026, plusieurs paramètres devaient encore être précisés par arrêté : les mentions autorisées, le seuil de crédits requis pour redoubler, les coefficients du classement et la répartition des places. Or, les formations doivent être présentées sur Parcoursup dès décembre 2026. Les lycéens risquent donc de choisir avant de connaître toutes les modalités de leur parcours universitaire.

Des places et des équipes à financer

La nouvelle organisation mobilisera les facultés de santé, mais aussi celles qui assureront le bloc disciplinaire. En avril 2026, le président de l’université Paris Cité estimait qu’une trentaine de postes supplémentaires seraient nécessaires dans son établissement. Sans recrutements, les universités pourraient réduire les places proposées en première année, tandis que des amphithéâtres de sciences risqueraient d’être saturés.

Le vote consultatif du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche, le 7 juillet, témoigne des réserves entourant la mise en œuvre : 4 élus ont voté pour, 14 se sont abstenus et 44 ne se sont pas prononcés. Ces chiffres ne mesurent pas à eux seuls l’adhésion à la réforme, mais ils signalent les attentes fortes concernant les moyens et les règles d’application.

La réforme simplifie donc l’entrée sur le papier ; pour que cette simplification bénéficie aux étudiants, les équipes devront disposer d’enseignants, de salles et d’outils d’accompagnement suffisants. Une porte unique ne sera réellement plus accessible que si elle ne devient pas une porte plus étroite.

PASS et LAS après 2027 : les étudiants déjà inscrits et la kinésithérapie

La bascule ne concernera pas tous les étudiants au même moment. Les règles actuelles du PASS et de la LAS resteront applicables aux personnes ayant commencé leur cursus avant la rentrée 2027, jusqu’à la fin de l’année universitaire 2028-2029. Les universités devront ainsi faire coexister temporairement l’ancien système et la nouvelle licence.

La kinésithérapie appelle une attention particulière. Le décret du 23 octobre vise directement la médecine, la pharmacie, l’odontologie et la maïeutique ; le communiqué gouvernemental annonce une extension ultérieure de la licence portail santé à la kinésithérapie, sans calendrier précis. Des instituts recrutent aujourd’hui par le PASS ou la LAS, ce qui laisse ouverte la question de la transition pour cette filière.

Les points à vérifier avant de formuler un vœu

La licence unique rendra le choix plus lisible, mais Lina et sa famille devront comparer les parcours proposés par chaque université avant de classer leurs vœux. Les règles nationales fixeront une base commune ; les choix locaux continueront à influencer le contenu des cours et l’organisation des admissions.

  • La discipline associée aux enseignements de santé : sciences, droit, économie, psychologie, STAPS ou soins infirmiers selon l’établissement.
  • La pondération des blocs : les universités choisiront leur répartition à l’intérieur des fourchettes de crédits nationales.
  • Les modalités de classement : coefficients, éventuels oraux et calendrier des résultats, dès leur publication officielle.
  • Les possibilités de poursuite : le parcours prévu en deuxième année si la première candidature n’aboutit pas.
  • Les filières effectivement accessibles : la kinésithérapie et l’expérimentation annoncée pour la pharmacie nécessitent des précisions complémentaires.

La réforme des études de santé dessine un parcours plus cohérent entre la première année de médecine et la suite de la licence. Son bilan dépendra des règles publiées avant Parcoursup et de la capacité des universités à offrir une formation médicale exigeante sans sacrifier l’accompagnement des étudiants.

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