Les principaux prétendants à la succession de Donald Trump sont JD Vance et Marco Rubio chez les républicains, tandis que Kamala Harris et Gavin Newsom se détachent du côté démocrate. Les sondages disponibles les placent en tête, mais aucun ne peut encore être considéré comme le candidat officiellement désigné : les intentions restent incertaines et les élections de mi-mandat pèseront sur les choix du camp républicain comme sur ceux des démocrates.
- JD Vance bénéficie de la visibilité de la vice-présidence et domine les sondages républicains.
- Marco Rubio, secrétaire d’État, apparaît comme son principal rival, même s’il a promis de le soutenir s’il se présente.
- Kamala Harris est la mieux placée chez les démocrates, devant Gavin Newsom, qui s’est engagé à ne pas la défier si elle entre dans la course.
- Ron DeSantis, Donald Trump Jr. et Ted Cruz restent des options républicaines, avec des niveaux de soutien et des ambitions très différents.
Pour comprendre qui peut réellement incarner l’avenir du trumpisme, nous devons distinguer les résultats des sondages, les déclarations d’intention et les contraintes du calendrier électoral. Les chiffres cités ici donnent un état des rapports de force à l’automne 2026 : ils ne prédisent pas l’issue de l’élection présidentielle américaine de 2028 et ne mesurent pas tous le même électorat.
A lire aussi : Guerre commerciale : la Chine fixe le rythme dans son bras de fer avec les États-Unis
JD Vance, le favori républicain pour succéder à Trump
Le vice-président JD Vance arrive en tête des prétendants républicains. Dans un sondage Focaldata mené du 2 au 5 octobre auprès de 2 553 adultes, il obtient 38 % des intentions de vote pour l’investiture du Parti républicain. La moyenne de RealClearPolling le situe à 39,1 % au 20 octobre, avec plus de quinze points d’avance sur son premier poursuivant.
Sa fonction lui assure une visibilité nationale et un accès direct aux réseaux conservateurs. Sur Kalshi, le 22 octobre, ses chances d’obtenir l’investiture étaient évaluées à 42 %, contre 19 % pour Marco Rubio. L’appui d’Erika Kirk, dirigeante de Turning Point USA, renforce aussi son ancrage auprès d’une partie de la base militante.
A découvrir également : La Défense Européenne : Une Alliance Fragile Sans le Soutien Américain
Le favori reste pourtant prudent. Lors d’une réunion publique organisée par CBS News dans le Michigan, il a reconnu qu’il pouvait renoncer à briguer la présidence, évoquant notamment ses quatre jeunes enfants et les réticences de son épouse face à la vie politique. Il a renvoyé sa décision après les élections de mi-mandat du 3 novembre : son choix dépendra aussi de la capacité des républicains à conserver leur élan électoral.
Cette proximité avec Trump peut constituer un atout comme un risque. Si le parti subit un revers aux élections de mi-mandat, l’association étroite entre le vice-président et le président pourrait compliquer sa campagne. La première épreuve de Vance sera donc politique avant d’être électorale : démontrer qu’il peut prolonger l’héritage de Trump sans porter seul le poids de son bilan.
Marco Rubio, le rival le mieux placé de JD Vance
Marco Rubio occupe la deuxième place dans la course républicaine. Il recueille 24 % dans le sondage Focaldata et 23,8 % dans la moyenne de RealClearPolling. Ancien sénateur de Floride et secrétaire d’État, il dispose d’une expérience institutionnelle et d’une visibilité accrue grâce à ses responsabilités diplomatiques.
Les opérations américaines au Venezuela et les frappes contre l’Iran ont contribué à attirer l’attention sur son rôle, selon les informations relayées par Fox News. Des donateurs républicains chercheraient aussi à consolider son profil. Donald Trump nourrit lui-même la comparaison entre ses deux proches collaborateurs, tout en refusant de désigner un favori.
Rubio a déclaré qu’il soutiendrait Vance si le vice-président se lançait. Ses perspectives reposent donc en grande partie sur un éventuel retrait de celui-ci. Trump a aussi évoqué l’idée d’un ticket commun, associant les deux hommes à la présidence et à la vice-présidence, sans préciser lequel devrait le mener.
Leur situation rappelle que la succession politique se joue aussi dans les relations entre les figures d’un même camp. Les débats sur le passage de relais existent dans d’autres univers publics, comme le montre cette analyse des enjeux de leadership dans le football. Pour l’instant, Rubio est le challenger le mieux placé, mais pas un candidat déclaré.
Kamala Harris et Gavin Newsom, les deux figures démocrates en tête
Chez les démocrates, Kamala Harris domine les premières mesures disponibles, avec 30 % chez Focaldata et 25,9 % dans la moyenne de RealClearPolling. L’ancienne vice-présidente, battue par Trump en 2024, n’a pas annoncé de candidature. Interrogée sur ses intentions en octobre, elle a indiqué ne pas avoir pris sa décision et a lié l’avenir de sa campagne aux résultats démocrates aux élections de mi-mandat.
Gavin Newsom, gouverneur de Californie, arrive derrière elle : 15 % dans le sondage Focaldata et 14,4 % dans la moyenne de RealClearPolling. Il a affirmé qu’il ne se présenterait pas si Harris entrait dans la course, une promesse qui réduit pour l’instant sa marge de manœuvre. Il a aussi reconnu que la présidentielle de 2028 influençait ses déplacements politiques.
Newsom a construit sa notoriété en s’opposant à Trump sur l’immigration, l’usage de la Garde nationale et le redécoupage électoral. Son profil californien peut séduire les démocrates progressistes, mais devenir un handicap dans des États où l’étiquette libérale de la Californie est mal reçue. Harris, elle, doit composer avec sa défaite de 2024 dans les sept États clés, dont l’issue peut décider du résultat national.
Les deux personnalités sont donc liées par une décision qui ne dépend pas uniquement de leurs ambitions. Tant que Harris ne clarifie pas ses intentions, Newsom devra choisir entre respecter son engagement ou prendre le risque de se lancer avant elle. Pour les démocrates, la question immédiate n’est pas seulement qui est le mieux placé, mais qui acceptera d’ouvrir réellement la compétition.
Après Harris, quels autres candidats démocrates peuvent émerger ?
Si Harris renonce, aucun démocrate ne s’impose nettement. Pete Buttigieg recueille 9 % chez Focaldata et 12,9 % dans la moyenne de RealClearPolling. Alexandria Ocasio-Cortez se situe entre 9 % et 11,1 % selon les enquêtes citées : sa capacité à mobiliser l’aile gauche est réelle, mais certains électeurs et responsables du parti la jugent trop progressiste pour une campagne nationale.
Le sénateur géorgien Jon Ossoff obtient 8 % chez Focaldata, alors qu’il a nié vouloir se présenter en 2028. Les marchés de Kalshi lui attribuaient pourtant, à la mi-octobre, 11 % de chances de remporter l’élection générale. Cet écart illustre la prudence nécessaire face aux cotes : elles reflètent des paris et des anticipations, pas une candidature confirmée ni un sondage classique.
La Caroline du Sud sert déjà de terrain d’observation aux responsables démocrates. Le gouverneur de l’Illinois J. B. Pritzker et le sénateur de l’Arizona Mark Kelly s’y sont rendus, comme Newsom. D’autres figures, dont Andy Beshear, Ro Khanna et Rahm Emanuel, ont annoncé des déplacements. Ces démarches leur permettent de rencontrer militants et électeurs avant le début formel des primaires.
Le débat sur le renouvellement démocrate se retrouve dans d’autres secteurs où la notoriété et la succession des dirigeants attirent l’attention, comme dans cet exemple lié à la gouvernance du football international. En politique, le test reste plus direct : les prétendants doivent convaincre les électeurs, pas seulement figurer dans les classements.
Ron DeSantis, Nikki Haley et les autres options républicaines
La course républicaine ne se résume pas au duel Vance-Rubio. Ron DeSantis, gouverneur de Floride, recueille 9 % chez Focaldata. Après sa défaite face à Trump lors de la primaire de 2024, il doit quitter ses fonctions en janvier 2027, la loi de Floride lui interdisant de briguer un troisième mandat consécutif. Son avenir politique dépendra de sa volonté de repartir en campagne ou d’accepter une fonction fédérale.
Donald Trump Jr. atteint 11,3 % dans la moyenne de RealClearPolling, sans avoir annoncé vouloir se présenter. Son nom lui apporte une forte reconnaissance auprès des électeurs, mais cette visibilité ne vaut pas preuve d’une organisation de campagne. Nikki Haley, ancienne ambassadrice à l’ONU et candidate aux primaires républicaines de 2024, n’apparaît pas parmi les principaux favoris dans les données citées : elle reste une figure connue, mais son éventuel retour ne se mesure pas ici à un niveau comparable à celui de Vance ou Rubio.
Ted Cruz, sénateur du Texas, affiche au contraire son ambition présidentielle. Il a déclaré vouloir accéder à la Maison-Blanche et s’est rendu plusieurs fois dans l’Iowa, État traditionnellement important dans la sélection républicaine. Malgré son expérience de la primaire de 2016, Kalshi ne lui attribuait qu’environ 1 % de chances de remporter la présidentielle dans les données rapportées.
Le tableau ci-dessous rassemble les principaux repères disponibles. Les sondages Focaldata portent sur l’ensemble des adultes, et non uniquement sur les électeurs qui participeraient aux primaires : les comparaisons sont utiles, mais elles ne valent pas prévision définitive.
| Personnalité | Camp | Repère chiffré | Situation déclarée |
|---|---|---|---|
| JD Vance | Républicain | 38 % chez Focaldata ; 39,1 % dans la moyenne RealClearPolling | Décision annoncée après les élections de mi-mandat |
| Marco Rubio | Républicain | 24 % chez Focaldata ; 23,8 % dans la moyenne RealClearPolling | A promis de soutenir Vance s’il se présente |
| Kamala Harris | Démocrate | 30 % chez Focaldata ; 25,9 % dans la moyenne RealClearPolling | N’a pas tranché |
| Gavin Newsom | Démocrate | 15 % chez Focaldata ; 14,4 % dans la moyenne RealClearPolling | A dit qu’il ne défierait pas Harris si elle se lançait |
| Ron DeSantis | Républicain | 9 % chez Focaldata | Son mandat de gouverneur s’achève en janvier 2027 |
| Pete Buttigieg | Démocrate | 9 % chez Focaldata | Figure possible si Harris renonce |
Présidentielle 2028 : les dates qui peuvent rebattre les cartes
La première échéance est celle des élections de mi-mandat du 3 novembre. Vance a lié sa décision au scrutin, tandis que Harris a estimé que les résultats démocrates pèseraient dans son choix. Pour Newsom, le contexte politique de l’automne déterminera aussi le moment où il pourra clarifier ses intentions.
La sélection des candidats républicains et démocrates suivra ensuite le calendrier des primaires. Les démocrates doivent commencer en Caroline du Sud le 22 janvier 2028, avant le Nevada et le New Hampshire. Les républicains ouvriront leur processus dans l’Iowa, puis leur convention à Houston officialisera le candidat du parti.
Donald Trump demeure un arbitre potentiel, puisqu’il a évoqué la possibilité de soutenir un successeur sans choisir publiquement entre Vance et Rubio. Son appui pourrait peser auprès des électeurs républicains, mais il ne remplacerait ni les primaires ni la capacité d’un candidat à bâtir sa propre coalition.
À ce stade, Vance est le favori, Rubio son rival le plus crédible et Harris la démocrate la mieux placée. Les autres prétendants peuvent encore modifier la course, mais les déclarations, les résultats de mi-mandat et les premiers votes de 2028 diront si ces classements traduisent une dynamique durable ou seulement la notoriété des personnalités déjà connues.



